Chapitre 44 – Je vous demande n ° 1

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Chapitre 44 – Je vous demande n ° 1

Traduction : Eclipse                                             Edition : Ludivine59


L’expression de Théo changea subtilement selon les mots de Randolph.

Après une absence de cinq ans, on contrôle mon identité.’  Théo ne pouvait ni rire ni se mettre en colère.

Randolph grogna, et se gratta la tête alors qu’il interprétait l’expression de Théo à sa manière. Il comprit que vérifier l’identité d’une personne qui l’avait aidée pouvait paraître impoli. «Je ne veux pas être difficile. Mais au vu de la situation, il est difficile de vous laisser passer facilement sans vérifier. Ce ne sera qu’une brève vérification.»

« Oui, c’est compréhensible.»

Ils combattaient un groupe de morts-vivants dans un village perdu comme la baronnie Miller. Théo ne savait pas pourquoi les mercenaires étaient à cet endroit, mais ce n’était pas le moment de protester. Théo devait d’abord gagner la confiance de Randolph, et entrer dans le village.

Théo sortit le badge d’enquêteur, et le certificat qu’il avait reçu lors de la cérémonie de remise de prix.

«Oh, un badge d’enquêteur. Cela fait longtemps que je ne l’ai pas vu. Et voici… le titulaire de ce certificat est un baron honoraire, Theodore Miller. Un sceau royal est estampillé, alors je suis presque sûr… Hein?»  Randolph examina attentivement le certificat et se toucha le menton avec une expression perplexe.

Les noms des nobles étaient différents des gens du peuple. Même si les prénoms se chevauchaient un peu, il n’y avait pas une seule famille qui utilisait le même nom de famille que celui d’une autre. Pour les nobles, leur nom de famille était une preuve d’honneur reçue du roi, et une preuve du sang qui coulait dans leurs veines. Quel idiot voudrait partager cela avec les autres?

Cependant, ce nom était le même que celui du seigneur de la baronnerie Miller.

« … J’ai entendu dire que le seigneur ici a un fils.»

« Mon père.»

« Bon sang, tu es le fils de mon employeur.»

Théodore rit, et Randolph sourit lorsqu’il comprit pourquoi Théo avait une expression aussi étrange sur le visage. Le fils du seigneur était revenu, mais avait besoin de prouver son identité. C’était drôle quand ils y pensaient.

L’expression aimable de Randolph revint, et il tendit la main. «Bienvenue à la maison, jeune maître. Il y a eu un petit problème, mais jusqu’à présent, ce n’est pas très grave»

« C’était un assez grand groupe.»

«Bien… allons-y et parlons-en.»

Les morts-vivants ne frappaient pas quand le soleil brillait, alors Randolph se retourna le premier. Il semblait que l’histoire qu’il devait raconter était assez longue. Théo et Sylvia le suivirent. En un sens, c’était définitivement un retour surprenant à la maison.

***

Au moment où les deux personnes et Randolph entrèrent dans le village, les mercenaires étaient déjà dispersés dans tout le village. C’était à cause de la fatigue qui venait en restant debout toute la nuit. Les habitants donnaient des bols de bouillie chaud aux mercenaires, et enroulaient des bandages autour des blessés.

L’un d’entre eux reconnut Théo plus tôt que quiconque. “Euh…? Toi, n’est-ce pas Théodore?»

« Quoi? Pourquoi le jeune maître serait-il ici quand il étudie?»

« Non, regarde bien!»

« Eh bien, il ressemble certainement beaucoup au Jeune Maître …»

Cela faisait cinq ans et Théo était habillé à la mode, alors les gens hésitaient à l’appeler. Il ressemblait à un noble à première vue, alors ils ne croyaient pas que leur jeune maître était revenu.

Lorsque le bourdonnement commença parmi les résidents, un vieil homme parla. « J-jeune Maître Théo …?»

Théo eut envie de pleurer lorsqu’il entendit la faible voix et leva les yeux. « Grand-père Albert …!»

Depuis sa tendre enfance, combien de morceaux de pain avait-il reçus de ces mains? Les mains du vieil homme étaient beaucoup plus faibles qu’il ne s’en souvenait, mais Théo les attrapa sans hésiter. Une sensation de douceur fut exprimée entre les mains froissées du vieil homme, obligeant Théo à le serrer dans ses bras en pleurant. Théo pouvait enfin sentir le poids de toutes ces années.

Pour le vieil homme qui n’avait pas de parents, Theo était vraiment comme son petit-fils.

«Ah, notre jeune maître! Comment se fait-il que vous ayez l’air si respectable …?»

«Grand-père!» Théo ne put parler, et le serra plus fort dans ses bras.

« Jeune maître!»

«Le jeune maître Théo est revenu!»

Après cela, les habitants commencèrent à affluer de partout. Quelqu’un tenait toujours le fil avec lequel il tricotait, et une autre personne s’était précipitée dehors avec un morceau de pain dans la bouche. Comme si tous les habitants du village se réunissait, Théodore fut instantanément entouré par une foule.

« …?!» Sylvia se tenait près de Theo. Avec ses cheveux argentés qui brillaient comme une fée, elle attirait l’attention partout où elle allait. Comme elle était sensible à l’attention des gens, elle se rapprocha de Théodore, ce qui poussa les habitants à applaudir à sa réaction.

«Qui est la jeune femme? Jeune Maître, se pourrait-il que…?»

«Ah, allez. Pour quelle autre raison aurait-il amené une fille aussi charmante?»

« Jeune maître! Il y a de la soie dans notre magasin de linge! Ce sera suffisant pour un voile!»

«Allez, ne me fais pas rire! C’est une chance si on ne trouve pas des chiffons.»

« Qu’est ce qui ne va pas chez toi?»

Le brouhaha obligea les mercenaires à lever les yeux de l’endroit où ils mangeaient. L’atmosphère s’était assombrie pendant la lutte contre les morts-vivants, mais il y avait maintenant de la chaleur humaine dans le village. C’était la preuve de la valeur de Théo pour eux.

La perturbation passa bientôt au manoir des Miller Barony.

« Théo, où est notre Théo?»

Un homme d’âge moyen, aux cheveux clairsemés et vêtu d’une humble tunique, traversa la foule. Heureusement, ceux qui le reconnaissaient se déplaçaient pour le laisser passer. Tout le monde voulait souhaiter la bienvenue à Théodore, mais cette personne avait plus de droit que quiconque.

L’homme atteignit finalement le centre, Dennis Miller cria: « Théo!»

« … Père.» Théo ne pouvait jamais oublier cette voix.

Alors que le père de Théo le serra dans ses bras, une odeur familière de terre et de pain chatouilla le nez de Théo. L’odeur de sa ville natale était émise du corps de son père. Aucun mot n’était nécessaire. Ils s’étreignirent pendant un moment jusqu’à ce que Dennis le laisse partir en premier.

Il attrapa fermement les épaules de son fils et dit: «Bienvenue à la maison.»

« Oui, je suis rentré à la maison.»

«Tu n’as pas beaucoup de questions à poser? Rentrer à la maison après si longtemps… Je suis désolé que cela ait dû arriver.»

« Ne dis pas ça.» Theo secoua la tête. De quoi son père devait-il être désolé? Les résidents et son père étaient ceux qui souffraient à cause des morts-vivants.

Dennis était satisfait de l’apparence de son fils mais remarqua la poussière sur la robe de Theo. Il remarqua également  la timide existence de Sylvia.

«Tu n’es pas fatigué? Discutons du reste de l’histoire à la maison.»

Les deux personnes fatiguées acquiescèrent en même temps.

***

Cela faisait longtemps que Théo n’était pas rentré à la maison, mais rien n’avait changé.

Les cheminées et l’escalier étaient toujours usés et le sol craquait chaque fois qu’il le piétinait. On pouvait entendre le bruit de l’eau venant de la cuisine et la tache au plafond était toujours là. En fait, Théo pouvait voir que le nombre de taches avait augmenté, alors qu’il regardait sa famille assise devant lui.

Son père avait un peu de moustache, sa mère était un peu plus mince, et son frère âgé de trois ans tenait sa mère.

‘Oh, c’est la première fois que je le vois personnellement.’ La croissance de son petit frère était un spectacle qu’il avait manqué.

Cependant, la conversation bienveillante entre les membres de sa famille était toujours la même. Théo donna la priorité à la résolution du problème avant ses sentiments personnels. Il pourrait passer du temps avec sa famille après la résolution de la crise.

« … Alors, les morts-vivants ont commencé à apparaître il y a environ un mois?»

« Oui, le bûcheron a été le premier à les trouver.»

Selon son père, les morts-vivants étaient apparus il y a environ un mois, et ils n’avaient commencé les attaques que la semaine précédente.

C’était une différence de temps que Theo ne pouvait pas comprendre. Qu’avaient fait les morts-vivants pendant ces 20 jours? Le magicien manquant était peut-être tombé dans la magie noire, mais il faudrait plus de deux mois pour apprendre à créer une goule wyvern. Même un épéiste comme Randolph aurait du mal à en trouver plus d’un sur le champ de bataille.

De plus, Théo avait une autre question. «Qu’en est-il des mercenaires? Notre domaine n’a pas les moyens d’engager ce type de mercenaires … »

« Hoo, je leur dois trop.»

‘Tu leur dois?’ Théo regarda son père d’un air interrogateur.

«Ce sont des mercenaires qui sont venus combattre des bandits ici. Ils n’ont aucune relation avec notre territoire. Mais le même jour où ils sont restés dans notre village, les monstres sont venus.»

« … Alors, ils protègent cet endroit depuis une semaine?»

« Oui. Quand ils partiront, je ne pourrais pas le regretter… je ne pourrais que dire merci.»

C’était dur à croire. Les mercenaires étaient des gens qui feraient n’importe quoi pour de l’argent. Quelques rares étaient justes et fidèles, mais beaucoup devenaient des mercenaires parce qu’ils voulaient pouvoir tuer des gens légalement. Ces personnes devaient être filtrées. Néanmoins, ils n’étaient jamais du genre à se porter volontaire pour faire un travail.

‘Sauf s’il y a un trésor caché dans ce village mais… ce n’est pas possible.’

Il semblait qu’il devrait parler directement à Randolph.

Après avoir pensé cela, Théodore ne parla plus, et mangea calmement la soupe préparée par sa mère. La soupe simple avec peu d’ingrédients descendit dans sa gorge. Il y avait beaucoup de soupes délicieuses à l’Académie de Bergen et également à Mana-vil. Cependant, il avait voulu manger cette soupe.

Sylvia ne semblait pas être difficile en matière de nourriture, elle mâcha également le pain dur. Théo fit semblant d’ignorer le visage heureux de sa mère, et leva à nouveau sa cuillère.

Cependant, il restait une pile de problèmes à craindre. Le calme temporaire du moment continua, car seul le son de la coutellerie en mouvement pouvait être entendu.

« Alors on se voit plus tard.»

« …Oui.»

Après avoir fini leur repas, Sylvia et Théo se séparèrent vers leur propre chambre. Ils avaient voyagé maladroitement ensemble pendant cinq jours depuis Mana-vil, mais un homme et une femme ne pouvaient absolument pas rester dans la même chambre. Sylvia suivit nerveusement la mère de Théo.

Puis, Théo entra dans sa chambre avec des pas familiers.

Cliquetis*.

La chambre, dans laquelle il retournait cinq ans plus tard, n’avait pas changé depuis le départ de Théo. Même l’ordre des livres sur les étagères était toujours le même. Le lit sur lequel il s’était effondré était toujours boueux, et le papier peint déchiré ne présentait aucun signe de réparation.

« Huuuu …» Théo prit quelques profondes inspirations puis dit: « Hé, peux-tu te réveiller maintenant?»

Il parlait à Gluttony, qui dormait tranquillement.

C’était quelque chose que Théo avait commencé à comprendre après la dernière question et la dernière réponse. Il n’y a pas si longtemps, il avait commencé à détecter l’état de l’être qui vivait dans sa main gauche. Il pouvait sentir quand il avait faim ou s’il se sentait bien ou mal. Grâce à cela, il pouvait le nourrir sans se soucier de Sylvia, mais il pensait qu’il était possible d’appeler directement Gluttony.

Sans surprise, Gluttony répondit à son appel.

-… tu as compris. Tu es bien plus sensible que ce que je pensai.

Une voix maussade émergea du trou de sa main gauche. La voix avait une somnolence distincte, ce qui voulait dire qu’elle était encore en train de dormir. Théo comprit que sa conscience commençait à augmenter lentement.

«Les mots longs ne sont pas nécessaires. De combien de livres as-tu besoin aujourd’hui?»

-Deux ou trois.

« D’accord. Je vais te donner deux livres.»

Il attrapa les deux livres qu’il avait préparés à l’avance avec sa main gauche.

Gulp. La langue avala les deux livres.

[‘Mur magique’ a été consommé. Votre compréhension est très grande.] [La maîtrise de ‘Mur de pierre‘ magie du 4ème cercle a augmenté.] [‘L’explosion est un art’ a été consommé. Votre compréhension est très grande.] [La magie du 4ème cercle ‘Explosion’ a été acquise.]

Il avait appris deux magie du 4ème cercle en même temps, mais heureusement, il en connaissait déjà une. Grâce à cela, le mal de tête qui le touchait fut réduit.

Le mur de pierre était une magie mieux classée du mur de terre. C’était une magie qui construisait un mur en pierre solide. En ce qui concerne la magie d’explosion, Théodore utilisa ses connaissances, et organisa rapidement les informations dans son esprit.

C’était un sort qui pouvait sûrement anéantir beaucoup de morts-vivants.

« … D’accord, c’est fait.»

Après que les vagues de connaissances l’aient traversé, Théo baissa les yeux vers sa main gauche. Il pouvait lui donner trois livres, mais il en avait choisi deux pour pouvoir poser une question. Il était plus important de s’informer que d’avoir un sort supplémentaire.

Théo devait trouver un moyen d’arrêter ce désastre.

« Alors je vais demander.»

Le grimoire pouvait bien connaître la bonne réponse.

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1 commentaire pour l’instant

HiganbanaPublié le8:09 - Oct 25, 2018

Merci pour ce chapitre

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